Ce que je retiens des drames en Afrique

Vous êtes certainement au courant des récents drames survenus au Cameroun
Le déraillement d’un train et la route reliant Yaoundé à Douala font la une de toutes les actualités en ce moment.

Ces drames ont suscités plusieurs réactions sur la toile, entre colère désolation et tristesse.
Mais qu’en est-il réellement ?
Je n’affirme pas que ça se passe comme ça dans tous les pays africains (francophones surtout) mais c’est à base d‘un échantillon que je fais cette analyse.

Je vais aborder 3 points principaux scénarios qu’on retrouve lors des drames en Afrique.

De l’irresponsabilité des médias locaux

Nos médias ont la fâcheuse habitude de ne diffuser aucune information lorsqu’un drame survient.
Le 4 mars 2012 au Congo après les explosions du dépôt de munitions de mpila, il fallait avoir un décodeur pour avoir des informations. Pourquoi ? La chaine nationale pendant que des milliers d’individus se trouvaient sous les décombres ou avaient des jambes coupées, s’est contentée de nous mettre de la salsa, oui de la salsa, j’ai voulu avoir un peu d’espoir et attendre, attendre qu’on me dise enfin sur telé congo de quoi il s’agissait jusqu’à ce que je sois obligée de mettre France 24 pour enfin être apaisée.
Le drame survenu à Eseka tend vers le même scénario il me semble, je me demande donc à quoi servent ces journalistes. N’est-ce pas le premier réflexe d’un journaliste de se rendre sur les lieux d’un événement pour avoir de bonnes informations ? Et pourquoi ne pas obtenir un SCOOP ? Nos autorités vont – ils donc jusqu’à interdire le traitement de ce genre d’informations ou c’est simplement de la fainéantise de la part de ces corps ?

 

La malhonnêteté des autorités

Les bilans lors des catastrophes dans nos pays ont toujours dépassé mon entendement. Les réalités sont là, mais on nous sert autre chose, pour quelles raisons ? Peu importe le mal est fait, mentir ne ramènera pas les morts, mentir sur des chiffres pour donner une coloration moins grave de l’incident ou du drame est immoral pour ne pas dire irresponsable. Sauf qu’aujourd’hui avec l’expansion d’internet on a dès les premiers instants des comptes rendus, des bilans (bien que non officiels) et moi je préfère y croire, parce qu’il s’agit des survivants, de ceux qui ont vécu, de ceux qui n’ont aucun intérêt à me mentir. Je préfère largement croire un survivant qui me dit : la situation est grave, je ne sais pas comment j’en suis sortie vivante, i doit avoir près de 100 personnes mortes » que d’avaler ce que me diront à la télé des officiels avec des phrases toutes faites.

 

Le temps de réactivité pour rassurer

Le gouvernement, notamment le Président de la République, ses ministres ou une quelconque autorité reste un visage rassurant et doit inspirer la quiétude, il est donc primordial d’avoir un temps de réactivité record lors de ce genre de drame. Que peut être si important à faire à l’étranger pendant que des milliers d’individus sont sous un train ?
Un président en déplacement ça délègue des tierces personnes pour représenter sinon je ne vois pas à quoi sert un premier ministre ou un gouvernement.
La population est apeurée elle veut être rassurée, tout le monde n’a pas internet ou accès aux réseaux sociaux pour suivre l’évolution de la chose, un passage aussi court soit – il d’une figure qui incarne l’autorité s’impose dans les plus brefs délais, pourquoi ? Parce que ça soulage, ça rassure, ça prouve un certain respect envers le peuple, une certaines considération.

Le peuple en ce moment n’a pas besoin de longs discours il a besoin d’être rassuré, de sentir que le gouvernement est en train de faire quelque chose.

 

Et pour terminer nous avons:

Les réseaux sociaux et la responsabilité citoyenne

Source: http://www.netpublic.fr/

Source: http://www.netpublic.fr/

Anne Befoune d’Ellecitoyenne a consacré tout un billet à ce sujet.
J’aime la citoyenneté vous savez pourquoi ? c’est quelque chose de merveilleux quelque chose qui fait de nous des responsables n’imputant donc toujours pas tort au gouvernement ou à autrui.

 
Comme je le dis toujours : la seule façon de ne laisser aucune empreinte en ligne c’est de ne pas en créer.
Vous êtes responsable de ce que vous dites et faites, comprenez pourquoi j’apprécie la notion de citoyenneté.
Pensez-vous sincèrement que c’est en insultant sur twitter Sassou à cause des évènements du 4mars ou Paul Biya à cause d’Eseka que vos requêtes trouveront gain de cause ?
Le mécontentement peut être exprimé de plusieurs façons. S’il est plus compliqué de descendre à la rue pour réclamer quoi que ce soit ou sensibiliser, les hashtags sont là , les pétitions sont là, c’est bien à ça que servent les réseaux sociaux ; ils n’ont certes pas la même portée qu’en Occident mais ils font désormais leurs preuves.

La congolaise Soraya Aziz grande figure de la twittosphère congolaise à permis grâce à un hashtag lancé un matin sur twitter, de limoger un ministre congolais après la diffusion d’une sextape dans son bureau.
Si le gouvernement a des anomalies, ou que la façon de gérer un drame vous étique, faites le savoir avec un minimum de courtoisie, les réseaux sociaux sont là pour nous rapprocher de ces entités, pour qu’il n y ai pas de barrière, faites une requête, mentionner le compte du président, des ministres s’il le faut mais dans le strict respect.

 
Comment voulez-vous être respecté par les autres si vous ne témoignez aucun respect entre vous ?
S’agissant toujours des réseaux sociaux, je ne compte plus le nombre de fois qu’Anna Keds attirait l’attention sur la divulgation des photos dites choquantes n’honorant pas la dignité humaine, même mort le respect est de droit je pense. Si vous aviez perdu un parent lors du déraillement du train je ne pense pas que vous aurez le courage de divulguer n’importe quelle photo ou si votre sœur avait ses membres dépiécés à cause du même drame, je me demande quel courage vous aurez eu de montrer cette photo juste pour montrer au monde la gravité de la situation.

 

La liberté d’expression ne signifie pas dire tout ce qui nous passe par la tête

C’est peser le pour et le contre c’est avoir le choix de ce qu’on peut dire dans le respect de l’autre d’autrui, c’est dire les choses exacts avec les mots exacts. J’espère que ces quelques mots édifieront nombres d’africains.

Sur ce, un vibrant hommage aux victimes d’Eseka.

Dave , Citoyenne du monde

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