Des mots pour un bien

Ce texte, je le dédie à Céline Mademoiselle auteur du bouquin « des mots pour un bien » que je n’ai malheureusement pas encore eu la chance de lire, ça arrivera. Permets-moi Céline de t’emprunter ce titre.
Ceci est un partage d’expérience, vous savez combien je combats cette nouvelle vague de développement personnel avec des phrases toutes faites comme si on pouvait construire une vie sur des phrases calquées les unes sur les autres et issues d’aucune expérience.
Depuis des mois, je lis beaucoup Yann Vivette de Noire et Psy, et Danielle de BestofD 
Pourquoi ?
Parce que contrairement à beaucoup, leur blog respectifs sont vrais, c’est le moins que je puisse dire, ce n’est pas un ensemble de formules magiques, ce sont des mots, des vrais ; chacune apportant son expérience pour donner un sens à chaque mot.
Il y a des résolutions que j’ai prise depuis que je vis seule, vire seule ça fait grandir, ça ouvre l’esprit, prendre soin de soi permet de mieux valoriser les personnes autour de nous, réaliser la valeur de chaque instant de la vie permet de mieux comprendre celle des autres.

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Vous savez qu’en est vacances ici, qui dit vacances dit petite famille qui vient vous faire du bruit, je rigole, j’ai avec moi mes petites sœurs et mon petit frère pour quelques temps et nous avons vécu, il y a quelques jours une expérience des plus magiques. J’ai dû laisser écouler du temps pour mieux vous faire ce partage d’expérience.
L’un a 11 ans l’autre en a 8, ils débordent tous les 2 d’énergies et le peu d’écart qui les sépare leur donne souvent l’impression d’être des amis, résultat : Jacques est parfois blessé de voir que Ketsia ne lui donne pas sa place de « Yaya » qui lui revient.
Samedi dernier, assise au salon, nous suivions la télé, quand je les entendis se chamailler encore une fois derrière moi, je me retourne et je vois Jacques très en colère presqu’au bord des larmes ; lui demandant calmement ce qui se passe il m’explique que sa petite sœur ne l’écoutait pas et qu’il lui parlait comme à un enfant, avant de renchérir : « je la déteste ». J’étais blessée, Je ne sais pas pourquoi mais je lui ai ensuite demandé s’il l’aimait, il me répondit catégoriquement, NON.

 

Crédit: Yannick Folly

Crédit: Yannick Folly

 

 

 

 

 
J’adore jouer avec eux, je suis plutôt le genre de yaya qui organise un karaoké devant des bols de riz au lait et des beignets, la violence verbale et physique envers les humains est quelque chose que je combats, mais vraiment.
Je me suis mise à faire semblant de pleurer, c’était pour rire, pour qu’il retire ce qu’il venait de dire, mais rien à faire, il maintenait sa position, il détestait sa petite sœur, là, à l’instant, je me suis reprise laissée emportée mais pour de vrai quoi ! Je luis ai fait un long speech dans lequel je ne le blâmais pas, mais je lui parlais, je lui ai déjà fait comprendre qu’on ne détestait pas sa famille, je lui ai dit que j’étais choquée et que j’avais peur par rapport à ce qu’il venait de dire, vous savez Jacques est un homme très sensible comme moi, il est très sensible aux mots, à l’opposé de sa petite sœur Ketsia.

 

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Je me suis mise à parler pendant de longues minutes, lui prenant des exemples concrets de ce qu’il avait fait et qui m’avait vraiment choquée, mais ce n’était pas pour autant que je le détestais, je lui ai fait comprendre qu’il était normal d’en vouloir à sa sœur, mais pas de la détester parce qu’on ne déteste pas les humains, encore moins sa sœur tout simplement. Je lui ai dit que je m’inquiétais et je me demandais si je pouvais les laisser tous les 2 et espérer qu’il protège sa sœur, là il a éclaté en sanglots, larmes chaudes, il a relevé son visage en me disant d’un ton triste et abattu que j’étais injuste et que très souvent à l’école, il prenait sa défense, que même dans la rue, il la protégeait souvent. Il l’a dit d’une conviction mais vraiment !
A ce moment, je me suis excusée d’avoir douté de lui, d’avoir insinué qu’il ne pouvait pas protéger sa sœur, je lui ai remercié pour ça, ensuite j’ai demandé à sa petite sœur de le remercier d’être aimable et protecteur. Ensuite, je suis revenue sur le sujet qui blessait : « détester sa petite sœur » ; là encore il me réitère mais en changeant ses mots : « il l’a détestée à l’instant » par rapport à ce qu’elle venait de faire mais qu’en réalité, il l’aime. Je lui ai calmement fait comprendre qu’on ne dit pas ce genre de choses et on s’efforce de ne pas en arriver à détester les autres, je lui ai fait comprendre que ce qu’il éprouvait n’était pas de la haine mais de la colère, qui n’est que passagère (oui c’est un môme de 11 ans qui comprend très bien les mots, on se comprend). Je vous assure que tout le temps de cette discussion nous étions en larmes, comme de la blague, ce n’était que pour rire mais les émotions et la réalité ont pris le dessus.
La veille, il avait déchiré les toiles moustiquaires de la fenêtre de leur chambre, le jour d’avant il avait renversé un seau d’eau dans la cuisine, lui demandant pourquoi il m’a expliqué ces raisons d’enfants tout à fait illogiques pour l’adulte que je suis. Il n’a pas été puni pour ça, j’ai juste parlé et hausser le ton.

Alors pourquoi ces 2 histoire ? Simplement parce que c’est à travers elles, que j’ai expliqué à mon petit que les bourdes ne sont pas des raisons pour détester les autres, sinon je les détesterai tous, parce que tous les soirs en rentrant, il y a une nouvelle bourde, une assiette cassée, un truc gaspillé.

Pour conclure, j’ai dit aux 2 qu’ils se doivent respect mutuel et n’ayant qu’une télé (ce qui est le principal sujet des disputes), ils pouvaient par exemple se relayer les chaînes à tour de rôle ou mieux, se sacrifier à tour de rôle et prendre du plaisir à regarder ce que l’autre aime, c’est ça la vie n’est ce pas ?

 

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1 minute de silence s’est écoulée avant que je ne demande à Jacques de me rejoindre dans le lit, tous les 2 en larmes, je le pris dans mes bras, il respira profondément, et poussa un gros sanglot, vous savez celui que vous poussez avant de clôturer vos pleurs, et il resta dans mes bras pendant presque 5 minutes avant de se reprendre et de s’excuser auprès de sa sœur sans que je ne le lui demande et de me promettre qu’il ne redira plus ça. Et là, il me regarde dans les yeux et me dit : « je t’aime » avant de redire la même chose à sa sœur qui dit avec son petit cœur d’enfant « je t’aime aussi ». Il reprit sa place juste après ça et demanda à sa sœur de mettre ce qui lui plaisait. Cette histoire montre juste la force des mots, que nous sous-estimons beaucoup, le pouvoir du dialogue avec les enfants, qui sont des êtres très intelligents qui ont juste besoin de beaucoup d’attention et d’écoute. Blâmer et imputer tort détruit l’enfant au fil des années, parler aide à mieux cerner le mal et régler le problème, c’est en tout cas ce que j’ai retenu de cette petite expérience avec mes petits amours.

Voyez-vous, cette histoire se déroule en quasiment 30 minutes, beaucoup de larmes coulées, beaucoup de choses dites, beaucoup d’émotions dégagées mais aussi beaucoup de mots. Pourquoi je vous la raconte ? parce que je pense que nous devons tous partager ces bouts d’histoires qui nous font, surtout lorsque nous avons la chance d’avoir des plates formes d’expressions et qu’il y a au moins 10 personnes qui peuvent nous lire. Le développement humain, le vrai, se cache à travers ce genre d’histoires, je le pense et non à travers des formules toutes faites et des discours pré écrits qu’on nous prononce sur YouTube. Le développement humain est toutes ces choses que l’on vit à longueur de journée dans nos vies.
Pourquoi j’ai parlé de Yann et de Danielle au début ? Simplement parce qu’elles m’inspirent beaucoup, mieux leur mots sont apaisants, Yann a cette manière de vous expliquer les faits de société et comment les résoudre comme si elles calquaient nos quotidiens à tous, tellement on se retrouve dans ses écrits, c’est une psychologue pas comme les autres.
Ensuite Danielle, attendez un peu, je cherche les mots exacts pour la décrire, tellement douce, tellement belle, si aimable. Elle élève ces 2 enfants dans une telle bulle de positivité et de bien être qu’au fur et à mesure que j’avançais dans cette discussion avec mon frère, je ne pensais qu’à elle et toute la bienveillance que je trouve dans ses mots.
Pour terminer, comme au début, je vous disais que je dédiais ce texte à Céline Mademoiselle, à commencer par le titre de l’article qui est celui de son livre. Le blog de Céline est un condensé d’histoires vécues, entendues, mais dites dans une poésie inouïe, dans des mots clairs et limpides. Céline vous raconte un monde presque parfait dans lequel chaque humain devrait essayer de dégager ce qu’il y a de plus positif en lui.

 

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Ces 3 femmes m’aident chaque jour à travers leurs mots à devenir une personne assez bienveillante pour MOI, mon ENTOURAGE et le RESTE DU MONDE.

Parce que les mots devraient nous faire le plus grand BIEN.

Dave , Citoyenne du monde

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