Je voulais juste partir

Comme tous, je voulais être libre.
Libre de courir,
Libre de crier, de ressentir ce froid dans mes cheveux et raviver mon être.
Alors, j’avais cru que la meilleure solution était de partir.
Je ne pense plus que c’était la meilleure.
J’ai juste compris que fuir n’était pas toujours la bonne option.
Comment j’en suis arrivée là ?
J’avais 4 ans il fallait que je sois protégée ; à 8 ans de même, mais à 18ans c’était différent.
Je ressentais cette folle envie de vouloir me protéger,
De prouver au monde entier que je pouvais me débrouiller.
Mais seulement je ne pouvais pas, même si je le voulais de tout mon être.
Il m’a fallu chercher pour arriver à mes fins.
J’en ai eu plusieurs.
Faire des crises d’épilepsie 3 à 4 fois par jour pour effrayer,
Disparaître sans laisser de trace pendant 2 jours.
Mais celle qui me donne des regrets,
Un matin comme les autres je me rendis à l’école en période d’examens.
Et oui c’est le bon moment pour le faire me disais-je. Seulement je n’avais pas d’argent, j’ai dû emprunter 2 500F CFA à Marielle ; et je me rendis en pharmacie.
S’il vous plaît je voudrais du diazépam – Lequel précisément ? me répondit le pharmacien – Perplexe je fus étant donné que je ne connaissais pas les différentes catégories : les plus forts (pourvu que ça marche)
– Mais sans ordonnance nous ne pouvons rien
– S’il vous plaît monsieur, il m’en faut vraiment
– Il me regarda profondément et dit : « vous êtes belle, jeune, ne gâchez pas votre vie s’il vous plaît »
Je m’en moquais, ce qui m’importait moi, c’était d’aller au bout de mon acte.
Je pris le paquet et me rendis dans une boutique à quelques mètres de mon établissement. Très vite, à jeun j’avalais tous les comprimés. J’ai eu l’impression que mon cœur allait exploser.
C’est fait, ça y est je n’ai plus qu’à attendre le résultat.
Je suis retournée en classe pour composer. Au bout de 5 min l’effet commençait à se faire sentir…………………………………………………………………… noir complet (juste des cris : prenez un taxi ; prenez son téléphone ; appelez ses parents)……………………………………………………….
Me voici sur un lit d’hôpital ; maman à mon chevet me regardant d’un air soucieux, elle ne dit mot. Je suis rentrée chez moi après une journée d’observation.
Je puis juste dire : je voulais juste partir, je voulais juste être libre.
Parce que mon miroir c’est vous ; ce billet me concerne et quand je dis « me » c’est tous ceux qui, comme moi ont eu besoin de cette liberté.

Et comme d’habitude, la version audio de l’article

Dave , Citoyenne du monde

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