Loic Mackosso, ce bélier qui a osé l’entrepreuneuriat

Mbote
Aujourd’hui on parle d’entrepreneuriat sur le blog avec Loic Mackosso, un jeune Congolais de 36 ans qui fait bouger les choses à sa manière.
Les stéréotypes sur l’entrepreneuriat en Afrique sont tels que la plupart des jeunes n’osent pas se lancer, principalement au Congo où le taux de chômage est élevé et l’accès aux études supérieures très en baisse.


Lors d’une rencontre dans le cadre du lancement d’un concours j’ai rencontré un grand Monsieur avec allure (rire), élégamment vêtu d’un costume de banquier bleu de nuit et la fameuse cravate orange. Je ne savais pas qui il était mais son visage me semblait familier. Mais bon trêve de bavardage, il s’agissait de Loic Mackosso, et quand j’ai appris ce qu’il faisait je me suis empressée de solliciter une interview qu’il a d’ailleurs acceptée avec un sourire large.

Voilà, je vous livre donc cet entretien de 30 minutes avec Loic Mackosso, ce Bélier qui a osé l’entrepreneuriat.

Bonjour Loic, peux – tu te présenter en quelques mots ? Cursus, parcours professionnel, domaine d’expertise ?

Je suis Loic Mackosso, 36 ans, juriste d’affaire de formation. En effet, je suis titulaire d’un master en droit des affaires obtenu à l’université de Lille 2 Paris en 2003 et dans le monde professionnel depuis 2001. J’ai commencé par des stages en cabinet d’avocat principalement, et été recruté comme assistant juridique par Asset allocation Advisors filiale du groupe bancaire ABN AMRO (2 ans). En 2006, j’ai rejoint la SNPC en tant que juriste au sein du département contrat et assurance, puis la BDEAC en 2009, en tant que juriste en financement de projets.

Avant même de parler de ta société de conseils en montage et financement de projets, j’aimerai revenir un peu sur ton parcours personnel, histoire de découvrir l’homme  derrière l’entrepreneur.
Tu as fait des études de droit, je m’attendais plutôt à te voir en toge. Mais, te voilà entrepreneur….. Comment c’est arrivé, cette conversion?

Les juristes d’affaires portent de moins en moins la toge (rire) et les métiers du droit peuvent vous ouvrir plusieurs horizons. Dans mon cas, je me suis intéressé dès l’université au monde de la finance ; un master 1 en droit des affaires avec mention gestion financière, puis un master 2 toujours en droit des affaires. Le journal Les Echos m’a d’ailleurs beaucoup influencé avec les portraits d’entrepreneurs que je lisais régulièrement.

J’imagine que ça n’a pas été facile d’intégrer le monde professionnel. Comment t’es tu arrangé pour intégrer Neuflize OBC Investment, une très grosse société de gestion d’actifs. Raconte-nous!

Non, comme tous les jeunes diplômés, à l’université on vous berce d’illusions. Lorsqu’on est sur le point d’entrer dans le monde professionnel on se retrouve dans une véritable concurrence impitoyable. Cela est d’autant plus vrai en France, ou des personnes de mon profil master en droit des affaires ne sont pas rares. Je suis un peu tombé là par hasard, recruté par une agence d’intérim, le poste proposé n’avait rien à avoir avec mes qualifications. Une fois dans le groupe c’est le hasard des rencontres qui m’a permis d’être recruté en tant qu’assistant juridique chez Asset Allocation Advisors en 2003.

Et… en 2006, tu décides de rentrer au pays. Qu’est-ce qui t’a poussé à prendre cette décision? Je veux dire, à quel moment en particulier t’es tu dis: Ça y est, je quitte la France, je rentre au Congo.

Pendant mes études, j’ai eu l’occasion de revenir assez souvent au pays et à chaque fois j’étais content, mais je vivais une sorte de conflit interne. Au fond de moi je savais que ma place était ici au pays, mais en même temps je me demandais ce que je ferai si je rentrais, si je m’y adapterai.

Lorsque tu es rentré tu t’es retrouvé à la division juridique de la SNPC, puis à la BDEAC, était-ce le même travail que chez Asset Allocation Advisors ou il y avait un défi différent avec chaque poste?

Le défi était différent pour chaque poste, avec des problématiques différentes. Je me suis forgé à chaque poste.

Alors Loic, tu es le fondateur d’ARIES Investissements. C’est quoi ARIES en quelques mots?

Aries est une société de conseils en montage et financement de projet avec 3 métiers : du conseil stratégique et financier, du conseil en financement de projet et levée de fonds et enfin de l’intelligence économique.
D’où t’es venu cette idée? Je veux dire, qu’est ce qui s’est passé pour arriver à la conclusion d’abandonner un travail stable dans des grosses firmes et créer ARIES Investissements?

A l’époque, pour Asset Allocation Advisor je m’intéressais beaucoup aux fonds d’investissement et je me suis demandé s’il était possible de faire la même chose au Congo. J’ai donc commencé à travailler sur le projet ARIES Investissements, un ami de la SNPC m’a d’ailleurs conçu le logo que vous connaissez. Le passage à la BDEAC m’a permis de mieux définir le projet et lorsque je me suis senti prêt je n’ai pas hésité.
Combien de projets approximativement déjà soumis à ce jour ? Et dans quel secteur d’activités ? Des projets rejetés ?

Nous avons aujourd’hui un portefeuille d’une dizaine de projets dans l’immobilier, les mines, l’agriculture et des services également que nous sommes en train d’instruire. Quelques projets ont déjà été approuvés par les partenaires financiers avec lesquels nous travaillons.

Quels sont les domaines à même d’intéresser ARIES Investissements?

Tous les projets susceptibles de créer de la valeur et de répondre aux besoins des Congolais ; il n y a pas de préférence pour un quelconque secteur d’activité.

Parle-nous du fond d’investissement que vous comptez lancer en cette première moitié de 2016.

L’idée remonte à 2005, mais à l’époque je trouvais que c’était prématuré de la mettre en place.
Avec mes collaborateurs, on a pensé qu’il serait mieux que nous soyons non seulement les accompagnateurs mais aussi ceux qui apporteront du financement, voilà un peu la petite histoire. Nous sommes en train de travailler sur le projet, de préparer la documentation et surtout mobiliser les partenaires financiers.

Quels conseils donnes tu aux jeunes qui s’intéressent à l’entrepreneuriat?

On ne devient pas entrepreneur par défaut, mais parce qu’on a une idée, qu’on est passionné et qu’on veut la mener à terme. Un entrepreneur doit être visionnaire, et surtout ne doit pas avoir peur de bouger les lignes ni de rêver. Voilà ce que je dirais à un jeune désireux d’entreprendre. ARIES Investissements a d’abord été un rêve avant d’être concrétisé.
A l’occasion Loic a eu l’amabilité de me remettre un document rédigé par l’équipe d’Aries, une sorte de guide pratique comprenant les 10 commandements de l’entrepreneur que voici:

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D’après toi, à quoi est dû le manque d’engouement de la part des congolais à se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Une absence de modèle, les jeunes congolais n’ont pas assez d’exemple de réussite autour d’eux. Si aujourd’hui beaucoup de jeunes africains rêvent d’être footballeur c’est parce qu’ils ont vu des Didier Drogba, des Samuel Eto’o. Ces jeunes ont donc besoin d’exemple, les réussites entrepreneuriales ne sont pas très médiatisées au Congo (à l’exception peut-être de Verone Mankou) et si nous chez ARIES Investissements, on peut en inspirer d’autres on aura alors réalisé une partie de notre mission.

J’inviterai les congolais à être fiers d’eux, on a un potentiel car les jeunes que je côtoie ont la volonté de faire et de bien faire. Il faut donc qu’ils croient suffisamment en eux pour justement parvenir à leurs objectifs et ce n’est que par le travail qu’on y arrive.
Loic est ambitieux, jeune, l’exemple même que la persévérance n’a pas de prix parce que ce qu’elle nous fait gagner est inestimable.

Je demanderai donc à tous ceux qui voudraient en savoir plus sur les activités de ce bélier de visiter le site web de la société.

Et comme d’habitude, la version audio de l’article

Dave

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Source: http://www.economiematin.fr/
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